LVMH. A croire que l’on ne parle désormais plus que de cette boîte ! De la sulfureuse histoire de la plus-value de 18 millions réalisée en un jour grâce à ses stocks options par un dirigeant à la prise de participation dans Hermès, le numéro un mondial du luxe fait depuis quelques semaines la une quasi quotidiennement.
Pourtant, prenez dans la rue quelques passants et demandez leur de citer quelques produits de LVMH. Je suis prêt à vous parier qu’à quelques exceptions près, vous n’aurez pour seule réponse que le fameux sac Vuitton, sac porté désormais par la moitié des femmes dans le métro parisien. L’iPhone du sac en quelque sorte, un produit cher mais adopté bizarrement par la majorité, transformant l’objet de luxe en objet banal. Mais ce n’est pas le sujet.
Aucune mention bien souvent des champagnes, cognacs, montres, accessoires de mode.
Faites un deuxième test : demandez ce que veux dire LVMH. L, V, jusque là ça va, M pour Malletier ? Non, ce n’est pas ça.
Pour résumer et généraliser très grossièrement, le “français moyen” ne connaît pas l’histoire de l’un des plus beaux fleurons de l’industrie française. Dès lors, comment dire non à une exposition promettant de retracer les débuts de l’histoire de Louis Vuitton, à travers ses malles ? Vous me direz, encore une fois on ne traite que du LV de LVMH. Certes, mais il faut bien commencer par quelque chose.
L’exposition “Voyage en Capitale” nous fait ainsi voyager du Jura, région natale de Louis Vuitton, à Paris où il arrive à 14 ans et débute en tant qu’apprenti malletier, donnant naissance 20 ans plus tard à la maison Vuitton. On découvre la conception du fameux monogramme de la marque, aujourd’hui l’un des plus copié au monde et pourtant mis au point pour être difficilement falsifiable. Au fur et à mesure de la progression dans le musée Carnavalet, on voit les évolutions des malles, d’abord bombées puis plates afin d’être facilement empilables.
D’abord en cuir puis tapissée de la toile enduite parsemée de monogrammes. D’abord simple, puis adaptée aux besoins des clients : une malle pour le pique-nique, une pour le nécessaire de toilette, une pour ranger costumes et chapeaux, une pour ranger clés et marteaux (à croire que les ouvriers pouvaient se la payer !) et même une malle renfermant un lit déployable !
A travers toutes ces malles, on s’imagine les voyages du début du 20ème siècle, on voyage par l’imagination vers une époque pas si lointaine. On imagine le groom coller sur la malle l’autocollant de l’hôtel selon un code secret pour signaler si le client est avare ou généreux. On imagine ce chef d’orchestre transporter ses affaires à travers l’Europe et déployer dans sa chambre sa malle qui se transforme alors en bureau. On imagine cette danseuse de ballets ranger ses 30 paires de chaussures dans ses petits tiroirs bien étiquetés.
Au final, ce sont toutes ces histoires qui font de l’exposition “Voyage en Capitale” un moment agréable, que je conseille donc très fortement.
Exposition Louis Vuitton, Voyage en Capitale
Du 13 octobre au 27 février. Musée Carnavalet, 23, rue de Sévigné, 75003 Paris.
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